Cela se passe en Afrique..
  
Yes Barack you can. Do it now !
Yes Barack you can. Do it now !

La figure métissée, longiligne, jeune, dynamique et rock-star, d’Obama va trôner à partir d’aujourd’hui, mardi 20 Janvier 2009...,

......dans le bureau ovale de la Maison Blanche, obligeant sans nul doute à réviser une certaine approche des relations avec la première puissance mondiale, notamment cette propension à l’assimiler à l’Empire du mal.

Fruit des étreintes amoureuses d’un père kenyan d’origine Luo et d’une mère américaine blanche du Kansas, qui se sont séparés quand il avait à peine deux ans, éduqué par sa mère et ses grands parents maternels, marié à une américaine noire, petite fille d’esclaves, Barack Obama ne porte pas sur ses épaules le lourd fardeau de l’esclavage, encore moins celui du conquérant.

En ces temps qui courent, il est beaucoup question de diversité. En France comme aux Etats-Unis, le concept suscite davantage d’intérêt dans les médias. Barack Obama est passé par là. En effet, après l’avènement du premier président noir en Amérique, l’opinion a beaucoup spéculé sur l’impact qu’aurait  cet évènement à travers le monde. Dans l’hexagone, on s’est même permis de rêver à un hypothétique Obama. Et les lobbyings, noirs notamment, ont affûté leurs armes pour exiger plus de considération.

La France n’a pas tardé à saisir la balle au rebond en affichant une certaine volonté d’ouverture. Un premier préfet noir, Pierre Ngahane d`origine Camerounaise, est nommé à la tête du département d’Alpes-de-Haute-Provence, quelques jours seulement après l’élection d’Obama.

Un mois plus tard, Nacer Meddah, originaire de la Kabylie, en Algérie, devient Préfet de la Seine-Saint-Denis, département le plus étranger de la France. Presqu’au même moment, le président Sarkozy confiait le Commissariat à la diversité et à l’égalité des chances à une autre personnalité issue de l’immigration, Yazid Sebag.

Le 20 de ce mois, c’est un gouvernement Obama très coloré qui succède à l’équipe sortante de George W.Bush. Outre-Atlantique, on vient ainsi de franchir un nouveau pas de géant. En effet, pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, seule la moitié de l’équipe dirigeante sera composée de Blancs.
Sur les 20 membres du gouvernement, ministres ou ayant rang de ministre, on « ne » retrouve que 11 Blancs. Conséquence : les minorités Noire (4), Hispanique (3) et Asiatique (2) font une entrée remarquable et très remarquée. Aux Etats-Unis, quand on parle de la diversité, on fait de la diversité.

Aussi, s’il demeure des raisons de se réjouir de la charge symbolique que représente son élection, il apparaît prématuré de penser qu’un nouveau monde serait en train de s’édifier, loin de la logique des intérêts des Etats. Sans nul doute la politique américaine ne changera pas du jour au lendemain, comme sous les effets d’une baguette magique.

Au demeurant, ce qui vient de se produire outre-atlantique, doit convaincre que le destin des nations est entre les mains des peuples. Architectes de leur avenir, ils ne seront que ce qu’ils se seront faits, loin de toute délégation de pouvoir voire toute procuration.

Obama a compris que son élection est redevable des luttes et révoltes souvent réprimées dans le sang de millions d’esclaves déracinés de leurs terres lointaines et transformées en bêtes de somme, à celles de Martin Luther King, des Black Panthers , des Blancs, des Porto ricains , des extrémistes et des modérés de tous bords qui ont rêvé d’une autre Amérique, plus généreuse et soucieuse de l’épanouissement de tous ses enfants. En ce sens, sa consécration est le fruit de l’effort et de l’engagement collectif de tout le peuple américain, dans sa diversité.

Il s’agit d’en décrypter le message. Nelson Mandela, un grand Africain, une icône mondiale, dont le parcours exemplaire milite en la croyance en la personne humaine l’aura bien compris, lui qui a invité les hommes et les femmes de toutes conditions et de tous pays « à oser changer le monde », car le possible est à portée de main. Il suffit de le vouloir et d’y croire.

Avec l’installation, en ce début d’année, de Barack Obama à la Maison Blanche, dans l’antre de la première puissance économique de la planète, c’est toute une page douloureuse de l’histoire américaine qui aura été mise entre parenthèse au profit d’une autre beaucoup plus prometteuse.

En effet, il n’y a guère longtemps, les Noirs n’avaient pas le droit de voter, de prendre place dans les mêmes rangées de bus que les Blancs, sans compter l’interdiction des relations voire des mariages interraciaux. Aussi, loin d’être rangés au magasin des vieux accessoires, plus de 150 ans de lutte de la communauté afro-américaine contre l’esclavage, la ségrégation raciale, sont restés vivaces dans l’esprit de certains contemporains qui du coup, n’en reviennent pas d’être les témoins vivants d’une histoire qui déboule à vive allure, bousculant au passage des préjugés et des rancoeurs encore tenaces.

Durant la campagne électorale, il avait ainsi mis en exergue le fait que : « Par certains côtés, l’Amérique vit dans le passé, le discours politique reste très ancré dans les années 1960 et le « Black Power ». Mais, avait-il expliqué : « Je ne crois pas que ce soit ces choses-là qui préoccupent aujourd’hui la majorité des électeurs noirs. Ni la majorité des électeurs blancs. Je crois que ce qui préoccupe leurs pensées, c’est le souci de trouver un emploi, de pouvoir faire le plein d’essence et payer des études à leurs enfants. Lorsque je parle de ces sujets, je sens que je touche aussi bien les Noirs que les Blancs ».

L’espoir est énorme, partout dans le monde. Les attentes aussi. L’Amérique est en guerre, la crise économique bat son plein. Les challenges sont colossaux et multiformes. Il revient à Obama et à son équipe d’apporter des réponses concrètes à tous ces maux afin d’ouvrir réellement une nouvelle page de notre histoire contemporaine. Tel est le défi américain, qu’il incarne désormais. Yes, Barack you can. Do it now.
Lamine NDAW